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Un point de vue d'économiste sur les femmes.

La connivence entre les économistes et les femmes a l’âge de la science économique elle-même.

Celui qui a créé le terme « Economie », en 400 avant notre ère, le Général Xénophon, a intitulé son ouvrage « L’économique ». (disponible en français aux éditions « Les belles lettres »).
 C’est un traité de bonne gestion d’un « ménage », car le mot économie veut dire littéralement « gestion du ménage », entendu à l’époque comme un grand domaine agricole, car il n’en était pas d’industriels.
Quelle confiance déjà faite aux femmes !

L’objet du traité est d’instruire une jeune femme qui va épouser un homme riche et devoir gérer son domaine. C’est un prétexte pour Xénophon, comme souvent dans les ouvrages grecs, pour « faire passer les messages ». Tous les aspects de la gestion d’une entreprise sont abordés : les choix commerciaux – que vendre ?- les choix techniques, - comment produire à moindre coût ? – les critères financiers du succès enfin et pour finir « l’art de commander » les hommes qui constitueront les équipes. Ces pages n’ont pas vieilli, si ce n’est dans la forme.
 Le point que nous retiendrons est que Xénophon n’exprime pas le moindre doute sur la capacité d’une femme à réussir dans l’action économique. Et ceci il y a 2400 ans !

 

Entre Xénophon, le penseur antique et Stuart Mill (1806-1873), Economiste et philosophe du XIXème siècle, nous n’avons pas conservé la trace d’un débat d’économistes sur la question des aptitudes féminines. Stuart Mill est un économiste « classique » rattaché au courant utilitariste. Pour le dire autrement, seul compte le résultat. C’est d’ailleurs un reproche qui est souvent fait aux économistes. Dans ce cas, il les exonère du reproche de sexisme.
 
L’argument central de Stuart Mill dans son dernier ouvrage, au titre significatif : « L’émancipation des femmes » est que le sort diminué fait aux femmes dans la société de son temps est d’abord injuste sur la plan humain – il les assimile aux esclaves qu’il veut également émanciper – mais aussi « nuisible au progrès de l’humanité ». En effet pourquoi se priver du potentiel de talents d’une partie de l’humanité qui en représente la moitié ? Il réfute les préjugés habituels sur l’inaptitude des femmes à exercer des professions médicales, judiciaires, commerciales… Aucune démonstration n’en a été faite après tout.
Mill est présenté comme un penseur « social », entendez dans l’acception contemporaine du mot, qui voudrait lutter contre les supposées injustices de la société en pratiquant la redistribution. C’est lui faire injure et à travers lui à toute la science économique.
Il n’y a rien de « social » dans le fait de vouloir pour que la  société fonctionne bien de permettre à tous les potentiels de talent de s’épanouir.
La base de l’action économique est le principe de non-gaspillage. Pourquoi gaspiller des potentiels d’intelligence et d’innovation parce qu’ils viendraient des femmes, des banlieusards ou de tous autres ?
Il est souvent reproché aux économistes de ne viser que l’efficacité au service des résultats à obtenir. Rendons leur cette justice que si le reproche est exact il démontre au contraire une très saine absence de préjugés.

Pour le dire autrement, l’Economiste considère les talents des personnes et rien d’autre. L’idée de juger à partir de la distinction homme-femme, et plus encore l’idée de discriminer sur cette base, n’a aucun fondement dans les « Sciences Economiques ». Néanmoins, les talents personnels sont distribués très différemment, c’est certain. Il existe des personnes plus ou moins intelligentes, plus ou moins vives d’esprit, plus ou moins dotées d’esprit d’initiative , d’esprit pratique ou spéculatif etc…, mais  il n’y a à ce jour aucune raison fondée de penser que ces différences  soient liées à la distinction homme-femme.

Si, répétons-le, les Economistes s’intéressent aux talents des personnes, qui fondent les actions, c’est pour la raison de fonds que leur but est de rechercher, de promouvoir et de mettre en œuvre de bons fonctionnements, aussi bien pour les périmètres individuels que pour la société toute entière.

Des  talents personnels peu ou mal utilisés sont pour les économistes un gaspillage et donc une sorte de scandale.
 C’est vrai pour la personne et en ce sens les économistes sont profondément humanistes puisqu’ils placent l’épanouissement de la personne au centre de leurs objectifs. Leur souci de l’efficacité, qui leur est parfois reproché, ne s’exerce pas à n’importe quel prix. Ils n’oublient jamais que le but est d’améliorer le sort de l’être humain.

 Il y a donc un autre sujet de « scandale » pour les économistes qui est qu’une société humaine puisse mal fonctionner globalement parce que certains talents ne « sortent » pas, et restent inutilisés. Les talents des femmes sont notre sujet  ici, mais il faut en citer d’autres : le fait que l’esprit d’entreprise soit souvent peu valorisé par notre système d’enseignement empêche très probablement l’émergence d’entrepreneurs qui nous seraient bien utiles, pour ne prendre qu’un exemple, il est vrai central.
Rien n’est plus triste aux yeux de l’Economiste que de voir ignorés ou comprimés des talents potentiels qui sont  à portée de main en quelque sorte. C’est pour cela que les systèmes de bourse d’études fondées sur le mérite sont bons, ceux fondés sur l’habilité à monter un dossier ne le sont  pas.
Les femmes représentent une bonne moitié de l’humanité et sont donc pour l’économiste conscient le premier objet de ses attentions dans la recherche des « talents inexploités ».

Comment cela peut-il nous conduire à aborder le rôle des femmes en politique ?

L’activité économique est essentielle dans une société car après tout l’économie est « l’intendance », autrement dit ce qui nous fait vivre. Produire efficacement pour satisfaire les besoins, tel est le but, matériel peut-être mais utile comme base.
Pour fonctionner cependant l’économie a besoin d’un cadre légal qui est le produit du système politique exprimant les valeurs fondatrices de la société. Il n’en existe pas beaucoup : la responsabilité personnelle, le sens de l’effort, la reconnaissance des compétences. Elles ne peuvent être reconnues et promues que si les élites les traduisent dans un ordre juridique. Ces élites comportent les femmes tout autant que les hommes, si nous suivons bien les principes précédents.
Il faut donc que celles-ci soient aussi présentes en politique qu’en économie.

Rien n’est plus étranger aux économistes que les dialectiques d’opposition qu’aiment tant les marxistes dont le but n’est que de détruire. Opposer les hommes aux femmes, les jeunes aux vieux, les villes aux campagnes, les familles et l’école,  est stérile et absurde, mais parfois très productif sur le plan électoral il faut l’admettre.

Ce ne sont pas ces messages que la Science Economique cherche à diffuser.

Faut-il partager le pessimisme de Maupassant qui écrivait : «  Mais du jour où vous deviendrez nos égales, civilement, politiquement, vous deviendrez nos rivales, prenez garde alors que le charme ne soit rompu, qui fait toute votre force. Alors, comme nous sommes incontestablement les plus rigoureux et les moins doués pour les sciences et les arts, votre infériorité apparaîtra, et vous deviendrez véritablement des opprimées ». (Les dimanches d’un bourgeois de Paris »- 1880).

Maupassant avait tort sans doute en plaçant la question sur le plan de la rivalité et non de la contribution à l’œuvre commune par l’exercice des talents personnels.

Est-ce  en pensant à Maupassant que les législateurs récents ont prescrit la « parité » : pour que les hommes conservent au moins la moitié des postes politiques ?

Ces deux visions, celle de Maupassant et celle de la « parité » sont à la fois stériles et insultantes.
S’il se trouve quelque part qu’il y ait dans 90% des cas des femmes plus compétentes que les hommes, pourquoi limiter à 50%. Mais s’il ne s’en trouve pas 50%, pourquoi imposer ce chiffre ? Au titre des espèces menacées comme les pandas et le diable de Tasmanie ?

Pour les économistes, la question est réglée par la prise en considération des aptitudes personnelles. Il reste peut-être les psychanalystes. Après tout c’est Freud qui a traduit l’ouvrage de Stuart Mill sur l’émancipation des femmes et on prétend qu’il y aurait puisé une grande partie de son inspiration sur la frustration.
La cause des femmes en économie et en politique mérite mieux.

Pierre Dussol, Professeur de Sciences Economiques.
Université Paul Cézanne-Aix-Marseille III