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Sylvette Dionisi
Avec Res Femina, elle veut « donner le goût de la politique aux jeunes femmes »

En fonction au Ministère de l’économie , « élue de terrain » en sa qualité de conseillère d'arrondissement de Paris XVIe, Présidente et fondatrice de l'Association Res Femina... Sylvette Dionisi a un emploi du temps bien rempli, et une idée bien chevillée en tête : (re)donner le désir de l'engagement politique aux jeunes femmes. Sinon, prédit-elle, les effets de la loi sur la parité, déjà insuffisants, s'étioleront plus encore !... Portrait d'une femme de conviction et d'action.

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Photo ci-dessus : Sylvette Dionisi, un jour de sa permanence d’élue à la mairie du XVIe arrondissement de Paris. © leJmed.fr - juillet 2010

Dans une Tribune libre publiée dans le quotidien français Le Monde, le 4 juin 2010 (voir le texte intégral à la fin de cet article), Sylvette Dionisi dressait un bilan lucide de l'application concrète de la loi sur la parité en politique : « Dix ans après la promulgation de loi sur la parité, les évolutions plafonnent et il semble qu’il faille changer de paradigme. Avant de considérer la question de la demande, considérons le problème de l’offre. Tant que les femmes ne se sentiront pas concernées par le fait politique, aussi longtemps qu’elles seront si peu nombreuses à vouloir se lancer, personne ne se pressera pour leur faire une place au soleil du pouvoir. (...) A nous tous de leur donner envie ! »

Femme enthousiaste, Sylvette Dionisi est d'ailleurs déjà passée à l'action : sans attendre que « tous » (et toutes !) se décident agir, très vite après avoir été élue en 2008 conseillère d'arrondissement à Paris XVIe, elle crée en février 2009 l'association si bien nommée Res Femina .

« Je portais en moi l'idée depuis déjà quelque années, mais j'ai attendu d'être élue pour créer l'association, car j'estimais que cela me conférerait une certaine légitimité », explique-t-elle. La « légitimité républicaine de l'élu(e) », une notion centrale qui détermine l'engagement de « service public » chez cette fille de militaire à l'engagement gaulliste... dont elle a hérite et qu'elle le revendique sans détour.

« Res Femina, commente Sylvette Dionisi, a précisément l'ambition de donner le goût de la politique aux jeunes femmes, la politique entendue dans son sens le plus noble, le service de la Nation, bien sûr ! »

Les ateliers de prise de parole en public,
c'est bon pour la mise en confiance

Un bel idéal que Sylvette Dionisi s'efforce de mettre en scène concrètement avec un certain nombre d'innovations remarquables, il faut bien le reconnaître. Ainsi, tout est fait pour armer les jeunes adhérentes - quelque 200 à Paris, autour de 300 sur l'ensemble du territoire, et en majorité âgées de 18 à 35 ans - à se mettre en confiance, car « la confiance en soi des jeunes femmes est la clé, sinon elles rejettent la compétition et s'auto-excluent ainsi du politique », insiste Sylvette Dionisi.

Cette mise ne confiance, donc, s'acquiert au sein de Res Femina grâce à des séances de prise de parole en public qui font appel aux techniques audiovisuelles éprouvées du « coaching » pour cadres et cadres sup'... Bref, le genre d'exercice qui, dans le privé, coûte plusieurs centaines d'euros par séance, mais qui est ici offert aux jeunes femmes : « L'association n'a certes pas les moyens de financer cela, alors je me débrouille pour avoir des contributions de la part de professionnels qui interviennent gratuitement, c'est aussi simple que cela ! » explique, souriante, Sylvette Dionisi.

Découverte des « lieux de pouvoir » et conférences-débats

Outre ce qu'il faut bien appeler des « ateliers » de formation à la prise de parole en public, et qui se déroulent sur deux ou trois heures par petits groupes opérationnels de cinq ou six « stagiaires », Res Femina propose aussi à ses adhérentes une initiation, par stage ou « immersion » dans les « lieux de pouvoir » de la République, assemblées (locales, régionales, nationales), administrations et ministères notamment. « Le but de ces stages de découverte peut sembler paradoxal, relève Sylvette Dionisi, puisqu'il s'agit à la fois de démystifier ces lieux mais aussi de rehausser l'idée de la République. C'est de la combinaison de ces deux éléments que naît l'intérêt, me semble-t-il ! ».

Ce n'est pas encore tout, puisque Res Femina propose aussi des conférences-débats, notamment avec des personnalité éminentes, comme Simone Veil, marraine d'honneur de l'Association, ou encore Marco Enriquez Ominami jeune candidat à l’élection présidentielle au Chili... et sur des sujets on ne peut plus « sérieux », par exemple « La communication d’influence au centre du jeu politique », animé par Manuel Lagny, président de l’agence Meanings, ou encore « De la démocratie directe à la démocratie en direct » avec Jacques Séguéla.

Res Femina essaime en Europe et en Méditerranée

Au final, c'est à un véritable travail sur le fond que s'est attelée la Présidente de Res Femina, palliant à sa manière la notoirement insuffisante formation civique des jeunes générations. Et en se préoccupant particulièrement de la question de la parité et de l'initiation des jeunes femmes à la res publica, elle trace de fait l'esquisse de ce qui pourrait être l'une des voies susceptibles de contribuer à la reconstruction civique du pays.

Ainsi, l'on ne peut que souhaiter que les prémices de l'essaimage que connaît actuellement Res Femina se confirment et s'accélèrent « nous souhaitons avoir une correspondante dans chaque département, et dans chaque pays d'Europe, c'est un premier objectif de moyen terme », précise Sylvette Dionisi.

Signe encourageant, plusieurs prises de contacts se sont déclarées depuis la Suède, le Royaume-Uni, la Norvège, mais aussi depuis nos voisin(e)s méditerranéens d'Italie, d'Espagne et du Portugal. « Nous avons aussi été contactées par une jeune diplômée marocaine qui veut lancer Res Femina au Maroc ! " s'exclame, visiblement heureuse, Sylvette Dionisi.

Ainsi, l'internationalisation de Res Femina est en marche, y compris en Méditerranée !

En attendant, toujours en mouvement, Sylvette Dionisi n'oublie pas aussi de faire honneur à ses fonctions de conseillère d'arrondissement déléguée à la Caisse des écoles de Paris XVIe. Pour les quelque huit mille tout-petits de 3 à 12 ans dont elle a la charge, entre autres nombreuses actions, elle édite un « petit journal » trimestriel de quelques pages. Thème du numéro de septembre : le commerce équitable dans le cartable de la rentrée...

C'est sûr, pour l'enthousiaste Sylvette Dionisi, elle-même maman, il n'est jamais trop tôt pour se préparer à devenir... Citoyen, ou Citoyenne !

© Alfred Mignot pour leJMED.fr


En savoir plus : site de Res Femina ...


La tribune libre de Sylvette Dionisi

publiée in Le Monde.fr, le vendredi 4 juin 2010

« Donnons aux femmes l’envie de s’engager en politique ! »
par Sylvette Dionisi*

Le 6 juin 2000, le gouvernement de Lionel Jospin promulgue la loi sur la parité politique avec comme objectif pour les partis de présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections, municipales (dans les communes de 3 500 habitants et plus), régionales, sénatoriales (à la proportionnelle) et européennes.

Plus incitative que contraignante, cette politique de quotas devait permettre de faire changer les mentalités en profondeur. A l’instar d’un tuteur devenu superflu à la plante une fois donné au tronc force et vigueur, à l’instar de bons parents sachant se retirer une fois leurs enfants guidés en douceur jusqu’à leur indépendance et ayant développé leurs propres facultés de jugement, on aurait pu espérer que cette mesure se rende progressivement inutile, la norme devenant désuète une fois tombée dans le domaine de l’évidence. Qu’en est-il dans les faits ?

La loi sur la parité en politique a dix ans aujourd’hui et le bilan apparaît contrasté. Nécessaire, cette loi demeure insuffisante !

Tout d’abord les quelques femmes qui occupent le devant de la scène politique, aussi brillantes soient-elles, ne peuvent cacher le déficit sévère qui perdure en matière de représentation féminine dans notre pays. Par ailleurs les jeunes générations, et plus particulièrement les femmes, se désintéressent de la vie politique. Elles délaissent les partis et avancent souvent l’argument que d’un candidat à l’autre c’est « blanc bonnet et bonnet blanc ». La sphère du pouvoir est considérée comme réservée à des castes inatteignables et les jeunes femmes ne perçoivent pas la plus-value de leur engagement.

Relatif sentiment d’impuissance ? Plafond de verre tacite ? Toujours est-il que les femmes renoncent parfois avant même d’avoir essayé, ce qui conduit à une désaffection massive de l’engagement politique. Le cadre législatif, enfin, reste fragile et ne semble pas soutenir l’effort paritaire sur le long terme. En 2014, les élections des conseillers territoriaux (siégeant à la fois au conseil régional et au conseil général) se tiendront principalement sur un mode majoritaire et non plus un scrutin de liste, évacuant du même coup tout espoir de parité. Alors que faire ?

Faut-il abandonner l’idée de voir un jour les femmes partager l’espace public aux côtés des hommes ? Sans doute pas. Faut-il durcir et étendre les sanctions, creuser la voie de la contrainte qui a été ouverte il y a une décennie avec le succès que l’on sait ? Sans être opposé au recours à la loi, il semble qu’il faille endiguer toute velléité d’égalitarisme forcené pour valoriser plutôt la complémentarité entre les sexes, qui est une richesse et une force !

L'envie, plus forte que la seule contrainte

Dix ans après la promulgation de loi sur la parité, les évolutions plafonnent et il semble qu’il faille changer de paradigme. Avant de considérer la question de la demande, considérons le problème de l’offre. Tant que les femmes ne se sentiront pas concernées par le fait politique, aussi longtemps qu’elles seront si peu nombreuses à vouloir se lancer, personne ne se pressera pour leur faire une place au soleil du pouvoir. Le député Bruno Le Roux affirme même que cette loi « ne fera pas changer les comportements et que certains préféreront toujours payer plutôt que de laisser leur place ». D’où l’absolue nécessité d’éveiller l’intérêt des jeunes générations de femmes à la chose politique et en finir avec le sectarisme des sexes.

Car au constat de l’Observatoire de la parité disant que « seule la contrainte est efficace quand l’enjeu de pouvoir est fort », on serait tenté de rajouter : « pourvu qu’il y ait l’envie ! ». Au delà d’une approche uniquement fondée sur le droit, il semble qu’il faille convier de nouvelles ressources féminines par des voies incitatives et non plus subversives. C’est en donnant aux femmes l’envie de s’engager que le pari sera gagné ! Expliquons-leur qu’elles peuvent prendre toutes leurs responsabilités dans la Cité, au même titre que les hommes. Démystifions les caractéristiques des embûches et autres chausse-trappes qui sont certes considérables mais jamais insurmontables.

Donnons-leur davantage de clés pour appréhender un système qui a été bâti par des hommes pour des hommes. La politique des quotas faisait fi de la compétence des femmes qui ne fait aucun doute et qu’il faut plus que jamais mettre en avant. à une démarche législative quantitative, substituons donc une démarche associative qualitative.

L’envie est un levier bien plus fort et prometteur que la seule contrainte et peut être le déclencheur de l’affirmation d’une approche féminine du pouvoir. Le rôle de transmission par l’école et les parents est à cet égard déterminant pour ouvrir très tôt aux petites filles l’horizon des carrières publiques.

Cette démarche à laquelle nous croyons fermement, nous lui donnons corps, à travers Res Femina, une association que nous avons créée pour accompagner les jeunes femmes, leur donner confiance en elles et les intéresser au champ politique, en traitant le problème à la base. Car au-delà d’une simple obligation de présence, il faut créer des vocations et susciter le surgissement d’idées nouvelles.

à nous tous de leur donner cette envie !

Sylvette Dionisi

* élue de Paris (XVIe), présidente et fondatrice de l’association Res Femina. Après des études de droit et à l’Ecole nationale des impôts, Sylvette Dionisi exerce au service de la communication du ministère de l’économie et des finances.