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Donnons aux femmes l'envie de s'engager en politique !
, par Sylvette Dionisi

Le 6 juin 2000, le gouvernement de Lionel Jospin promulgue la loi sur la parité politique avec comme objectif pour les partis de présenter un nombre égal d'hommes et de femmes pour les élections, municipales (dans les communes de 3 500 habitants et plus), régionales, sénatoriales (à la proportionnelle) et européennes.

Plus incitative que contraignante, cette politique de quotas devait permettre de faire changer les mentalités en profondeur. A l'instar d'un tuteur devenu superflu à la plante une fois donné au tronc force et vigueur, à l'instar de bons parents sachant se retirer une fois leurs enfants guidés en douceur jusqu'à leur indépendance et ayant développé leurs propres facultés de jugement, on aurait pu espérer que cette mesure se rende progressivement inutile, la norme devenant désuète une fois tombée dans le domaine de l'évidence. Qu'en est-il dans les faits ?

La loi sur la parité en politique a dix ans aujourd'hui et le bilan apparaît contrasté. Nécessaire, cette loi demeure insuffisante !

Tout d'abord les quelques femmes qui occupent le devant de la scène politique, aussi brillantes soient-elles, ne peuvent cacher le déficit sévère qui perdure en matière de représentation féminine dans notre pays. Par ailleurs les jeunes générations, et plus particulièrement les femmes, se désintéressent de la vie politique. Elles délaissent les partis et avancent souvent l'argument que d'un candidat à l'autre c'est "blanc bonnet et bonnet blanc". La sphère du pouvoir est considérée comme réservée à des castes inatteignables et les jeunes femmes ne perçoivent pas la plus-value de leur engagement.

Relatif sentiment d'impuissance ? Plafond de verre tacite ? Toujours est-il que les femmes renoncent parfois avant même d'avoir essayé, ce qui conduit à une désaffection massive de l'engagement politique. Le cadre législatif, enfin, reste fragile et ne semble pas soutenir l'effort paritaire sur le long terme. En 2014, les élections des conseillers territoriaux (siégeant à la fois au conseil régional et au conseil général) se tiendront principalement sur un mode majoritaire et non plus un scrutin de liste, évacuant du même coup tout espoir de parité. Alors que faire ?

Faut-il abandonner l'idée de voir un jour les femmes partager l'espace public aux côtés des hommes ? Sans doute pas. Faut-il durcir et étendre les sanctions, creuser la voie de la contrainte qui a été ouverte il y a une décennie avec le succès que l'on sait ? Sans être opposé au recours à la loi, il semble qu'il faille endiguer toute velléité d'égalitarisme forcené pour valoriser plutôt la complémentarité entre les sexes, qui est une richesse et une force !

L'ENVIE, PLUS FORTE QUE LA SEULE CONTRAINTE

Dix ans après la promulgation de loi sur la parité, les évolutions plafonnent et il semble qu'il faille changer de paradigme. Avant de considérer la question de la demande, considérons le problème de l'offre. Tant que les femmes ne se sentiront pas concernées par le fait politique, aussi longtemps qu'elles seront si peu nombreuses à vouloir se lancer, personne ne se pressera pour leur faire une place au soleil du pouvoir. Le député Bruno Le Roux affirme même que cette loi "ne fera pas changer les comportements et que certains préféreront toujours payer plutôt que de laisser leur place". D'où l'absolue nécessité d'éveiller l'intérêt des jeunes générations de femmes à la chose politique et en finir avec le sectarisme des sexes.

Car au constat de l'Observatoire de la parité disant que "seule la contrainte est efficace quand l'enjeu de pouvoir est fort", on serait tenté de rajouter : "pourvu qu'il y ait l'envie !". Au delà d'une approche uniquement fondée sur le droit, il semble qu'il faille convier de nouvelles ressources féminines par des voies incitatives et non plus subversives. C'est en donnant aux femmes l'envie de s'engager que le pari sera gagné ! Expliquons-leur qu'elles peuvent prendre toutes leurs responsabilités dans la Cité, au même titre que les hommes. Démystifions les caractéristiques des embûches et autres chausse-trappes qui sont certes considérables mais jamais insurmontables. Donnons-leur davantage de clés pour appréhender un système qui a été bâti par des hommes pour des hommes. La politique des quotas faisait fi de la compétence des femmes qui ne fait aucun doute et qu'il faut plus que jamais mettre en avant. A une démarche législative quantitative, substituons donc une démarche associative qualitative.

L'envie est un levier bien plus fort et prometteur que la seule contrainte et peut être le déclencheur de l'affirmation d'une approche féminine du pouvoir. Le rôle de transmission par l'école et les parents est à cet égard déterminant pour ouvrir très tôt aux petites filles l'horizon des carrières publiques.

Cette démarche à laquelle nous croyons fermement, nous lui donnons corps, à travers Res Femina, une association que nous avons créée pour accompagner les jeunes femmes, leur donner confiance en elles et les intéresser au champ politique, en traitant le problème à la base. Car au-delà d'une simple obligation de présence, il faut créer des vocations et susciter le surgissement d'idées nouvelles.

A nous tous de leur donner cette envie !

Sylvette Dionisi
Présidente –Fondatrice de Res Femina